Au puits des fous
Premier recueil de poème : érotomanie à deux et aliénations merveilleuses.
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Jean René Dejoie compose des poèmes et des essais où la langue française devient matière à spéculer sur un rêve public et un amour secret. Deux recueils sont aujourd’hui disponibles en édition numérique.
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Premier recueil de poème : érotomanie à deux et aliénations merveilleuses.
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I. L'Orée'
À l'orée du bois sourd où tu retournes enfin,
Aucune vrille du pampre — tant aimée son ivresse !
Aucune corde ne vibre, à l'orée ! sans fin,
D'aucune gorge qui ne retient ton pas dirigé vers la nuit.
Toi ! sans presque la parole,
À l'orée tes souliers ont mordus sur la touche,
Écrasé l'excrément qui est d'or et sans bouche.
Tais ! les avisés conseils de celui qui ayant
Parlé cent mille sottises, jeté des cris sur terre,
Ne sait pas les chansons qui dorment après le seuil.
Gis ! Pétrifié quasiment, là tu te tiens défait…
Dis la mère, tais le père qui diront ton histoire.
Crains la langue dernière qui est celle de l'oiseau.
Gis, patient, sans mémoire, abrité par l'obscur et vaste écran du bois.
Leurs mots dits forment au creux de ton oreille aiguë un œuf éclot à peine, et dors ton renouveau.
Parcours d'abord la lisière si maudite.
Là, le fou, fasciné, a trouvé son vertige et sa verve interdîte. — En rameaux déployés, des gardes forestiers, qui, sans crainte de la nuit, sans peur du braconnier, hurlent la belle orée.
Là, meurent les loirs, laconiques, couchés sur le talus calcique et sa crête souillée.
Mais l'appeau du roi Pan appelle son gibier par des notes impossibles.
Enfonce-toi bien nu dans un chemin pareil,
Chante ! chante et ris des paroles !
Sur ton dos deux ailes naissantes à plumes d'oreiller.
II. Ô nostalgie !
Ô Nostalgie !
Quand tu me traines sur tes rives,
Habillé, comme l'oiseau, qui inspira ta lyre,
D'ailes éternelles, je vogue vers le Souvenir
En une barque allégée.
Ne retiens que mes bottes, que l'air puisse m'aspirer !
Pour bien me souvenir, il me faut déchausser.
Que mes cheveux se lavent d'un élixir d'Hier !
Que mon corps, à leur suite, convole dessus tes dires,
S'accroche à un tombeau où bientôt j'expirerai.
Grignoté par une grive, qui t'est sortie des eaux.
Tout contre la bière grave mais doté d'air mobile,
Qui tous les indiffère.
En leurs jolis palais, faits des fientes d’asiles mammifères.
III. Ronde lune
Au faîte de Saint-Just-et-Saint-Pasteur, une toise qui mène aux célestes absences, tient en son bout cet astre, d'un éclat blanc qui ne veut rien que faire chanter les loups.
Il a déjà aboli tous mes sens !
Happé par son regard, je communique en face à face avec le démon de ces soirs, de pleine lunaison.
Tous les sains s'y méprennent, Lune passe dans le ciel et caresse ces fous !
Ignorante lumière, tu fais basculer les eaux, tu les transformes en vin.
Un ivrogne s'écrie, dans ton jargon divin, que la boisson lui tourne les sangs.
Tu dévergondes les innocents. Tu chavires alors les passants !
De tes deux faces je veux connaitre, ou bien ton jour ou bien ta nuit.
L'un de tes signes m'as vu naître et, depuis ce temps-là, je luis ?
Et depuis ce temps là je fuis !
Mille bestioles de pacotille, dans les tourbillons de leur vol, rêvent au destin d'Icare, traversent haut les jaunes lampions, meurent d'espérer le grand écart.
Tu m'as ravi le bon sommeil, ronde et inerte dans ta course, tu ne fait cas de cette veille !
À te regarder l'on perçoit
Les monts dispensés de merveilles.
Ni or ni glace, Lune contemplative, verse sur nous tes marées basses, préside, et pour toujours, dans la solitude passive.
Il n'est pas d'être qui t'esquive.
IV Quantique partout
Quantique partout, mot de passe quantique, dormi dessus
Quantique partout. Des rodéos à cent chemins, sans chutes et loin, part la Motown, avec des carburants demain !
Deux mains sont corps, tactiles à toi, dormante et rousse, Roustan, c’est où ? de deux mains longues, main position, avoir au loin des cheveux-paille. Les caresser.
Les codes expirent dans la fauconne, façonnent encore les barbes aillées, s’ouvrent sans but, et c’est marqué, par les aidants ensommeillés, partir en loup, sur le visage on se rasait, oh, oh, la barbe ! Encore au court du cou lassés. Pendu jamais.
Pourquoi vider la mémoire vive ? vite embêtée, zoo qu’on sonne, à s’entêter, des lieux d’ailleurs, en salades (dés), le caramel s’inscrit autour, bon appétit, s’approche un ours. C’est pas le mien, mare éludée, où vit la reine de papier, titr’ de séjour, demain est né sous la peau lisse, par champs tatoués, B.A.C. écornée par cent blizzards en pas chassés, ailleurs, eau loin. C’est donc en nous qu’appelle à vivre tout un clavier. Jappe la sirène au dos d’été, j’y cours lavé dés à meute morte, tout ensablé devant la porte.
Partir un jour, les sans-retour, exprimé drôle en la basse cour ! C’est décidé, il nous faut coder entiché, quoique solide et claque, et sonne… un nouveau-nez. L’odeur de sourdes endimanchées.
Il faut drap love !
Chemin d’errance, respire autour, on ira ouvrir les guillemets, poumonne à raison amoureuse, respire encore, respire encore, respire que toi, au-dessus d’elles… Plus besoin d’code, plus besoin d’coke. Né pour toi tard, et pour moi l’art.
J’aspire à tout, quand grattent chez nous les tics à peau, quantiques encore.
Grands tics en corps !
L’Amour est vif. L’ord-nerf creuse. C’est chat marré qui fait le buzz. Donc mariez-les, outre atlantique ! Ils se gratterons l’esprit public. Et vous chanterez, sans les voyelles, une comptine à dos d’enfant-ailes. C’est elle ma mie, grande mère aussi, si cartes mères n’ont pas menti.
Comment t’appeler ? Tapez trois lettres, avant que Dieu ne les rejette. Passez chez Sosh. Un drôle de mot pour une sochette, que j’aime d’amour, pas d’enfillade, Amour honnête ! 4G, douze ans, bien connectés aux quatre vents, le geste inquiet te voit, dormant, tu es le conte en lignes-diamants. Charlotte est digne, moi au courant. Ça donne un ciel où tout vivant est acclamé. Ici, maintenant ! Je t’aime toujours, lundi premier ! Riche en constance.
Comment finir là où j’essai de dire le simple sans trébucher ? La terre, halle toute, plonge dans des yeux verts, palier des notes, et vingt sur vingt, c’est la même note. Emporte-moi, nouvelle idée. Piano vont plumes d’oreiller. Je me répète !
And if you please. Je fait la bise. C’est mon plus grand rêve habité. Sans exercer un sexe à pile, plié, petit, ça vous voyez. J’arrêterai donc de vousoyer. Amour et vôtre ! Vote unanime. On a dispersé l’Assemblé, par cette note de cabinet, dédiplomatisez-moi-les… Les présidents, c’est dépassé.
Pour nous doucher. Toi enlassée. C’est la pro-messe. Alors lisez ! Bon déjeuner. Les jeunes, ma muse, est avenir. Venir à nous, c’est s’exposer. Pickle mêle en col…
Y’a des dessins, et je m’attache pour te voler. C’est un robber. Beurs à Bésbar. Pour toi j’imagine des encarts où rien est dit. Mots de passe rares. Ancien belieber qui chantait. Quantique encore. Vive la baie noire. Un lac tu dis. Je vais nager, c’est pas trop tard.
Lac, y’a ma Sion. Bulle est mon air. À toi pression sous l’eau, séant. Des gaz minions, t’as tout gagné. À toi l’adresse. Code de portée. Par la missive, c’est ma mission.
Acceptée !
Dimanche et lundi 23 et mardi 24 novembre 2025, hôpital Saint-Louis.
— fin de l’extrait —
L’auteur
Jean René Dejoie écrit depuis plus de vingt ans, entre poésie et essai, avec la conviction que ces deux formes se répondent : l’une cherche la précision du cri, l’autre celle de l’argument. Il publie aujourd’hui en édition numérique pour aller directement vers ses lecteurs, sans intermédiaire, sans dilution.
Son travail interroge la mémoire, la langue et la place de ceux qui n’ont pas toujours eu droit à la parole. Il vit et écrit en France.